« Y en a partout »
Enfin je crois.
J’en suis sure maintenant « Y en a partout » c’est ce qu’essaye de me dire dans un mandarin survolté l’assistant technique avec lequel je me retrouve seule aujourd’hui pour surveiller l’agence.
Y en a partout, je le constate de visu.
Je sors des toilettes, m’assoies sur le rebord de fenêtre et réfléchi, la tête entre les mains.
C’est stéréotypé comme réaction mais, Dieu que c’est bon…Et puis quoi faire d’autre.
Nettoyer peut être.
J’ai commencé mon boulot aujourd’hui.
Ma première mission était on ne peut plus con
Je l’ai ratée quand même.
C’était il y a moins d’une heure
Mon patron me laissait les clés et l’ordre de tenir l’agence
Le mot d’ordre etait « prendre des initiatives »
Juste une contrainte : pourrait tu aller acheter du désodorisant pour les toilettes, il n’y en a plus et j’ai pas le temps d’aller en acheter.
Aucun problème, je ne suis pas bégueule.
Et puis quitte à jouer les dames pipi autant que cela soit dans une entreprise internationale et dans une ville les plus cotées du moment.
Bien que les toilettes soient partout les mêmes.
Me voici donc sur les routes chinoises, quêtant le saint graal sous forme de Air wick
Ici il y a des barres d’immeubles, des kilomètres de tours bien droites dressées vers le ciel.
Cela à quelque chose de phallique.
La comparaison s’arrête la si je puis me permettre un interlude « pipi-caca-prout » car ces monuments ne disposent (contrairement à certains organes) d’aucune réserves quelle qu’elle soit, en leur base.
En autre terme aucune superette, juste des rez-de-chaussée.
Désolée pour ce mauvais jeu de mot
Je déniche finalement une boutique de 3 m carrée qui étouffe entre des blocs de bétons qui font bien 10 fois sa taille
Je trouve sans trop de difficulté un désodorisant estampillé « air spring », je m’offre même le luxe d’un produit occidental.
Je ramène mon trophée à l’agence.
Direction les toilettes ou par acquis de conscience (j’aime le travail bien fait), je pschiit
Rien
Comment ça rien ?
Rien, le néant, pas le moindre son, le plus petit souffle ou une giclette de rien du tout
L’occident me trahis …sous forme d’une déodorisant pour chiotte
J’essaye toutes les pressions, toutes les manipulations possibles. Cela finit en suppliques auxquelles le déo reste insensible (peut être ne parle t il que chinois ?)
En désespoir de cause je me résigne a passer pour une courge français et appelle l’assistant a mon secours
Celui jure (en chinois) et réitère les mêmes manœuvres précédemment citées
C’est à ce moment la que le déodorisant explose, implose, pete un plomb, bref asperge du sol au plafond une mousse odoriférante saveur « petite fleur des champs »
Pour une fois que la publicité dit vrai
par lili
publié dans :
Septembre
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